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  • mercredi 1 juin 2016

    Juin au jardin

    CE mois-ci, c'est sûr, les Saints de Glace sont passés : il est donc grand temps de transplanter les semis en pleine terre !
    Dans cette vidéo, Damien nous parle aussi boutures d'aromatiques, semis d'annuelles et de noyaux, plantations diverses, tuteurage, arrosage et cueillette sauvage. Bon visionnage !

    Pour soutenir Damien et la chaîne Permaculture, Agroécologie, Etc. : voir à la fin de la vidéo.
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    mardi 31 mai 2016

    Un printemps de stages


    QU'ILS sont loin les débuts de La Graine, où nous avions tout le loisir de tenir un véritable journal de bord, de vous raconter nos moindres expériences et nos petits pépins de parcours !

    Le premier stage de 6 jours au jardin du Grand Jas vient de se terminer (le 25 mai 2016) et, la tête encore pleine d'excellents moments passés, les mains dans la terre ou dans la paille, à table, autour du feu ou ailleurs, nous voilà en train de préparer le suivant, qui démarre dans 3 jours à peine !
    Et il y a tout juste un mois avait déjà lieu un week-end d'introduction à la permaculture tout à fait réjouissant, mais que nous n'avons pas non plus pris le temps de vous raconter...

    Alors s'il fallait résumer tout ça en quelques lignes :

     C'est un vrai bonheur de voir les tentes fleurir un peu partout au jardin et les participants investir le lieu, enthousiastes et volontaires, comme s'ils étaient chez eux. Du coup, mille mercis à toutes celles et tous ceux qui ont été présents sur ces deux stages. Merci pour tout. Nous on continue, et on espère que vous aussi.


    Le poulailler-serre dont nous vous parlions à la fin de cet article avance à grands pas. Lors de chaque stage, on monte un nouveau mur en torchis et, sur les prochains, on pourra aussi démarrer les enduits.


    Le premier mur (créé pendant le week-end) est tombé par terre en emportant toute la structure, sous les vents violents de début-mai ! Il a fracassé un saule dans sa chute, mais lui est absolument intact. Qu'on ne vienne pas nous dire que le torchis c'est pas solide !

    Nous l'avons redressé au cric et c'était pas évident.


    Ça va, on se marre bien.

    Tous les enduits du "préau" sont faits, avec de jolis tessons d'assiette incrustés dans la cheminée. Reste à relisser le tout.


    Dans la partie potagère, nous avons créé et planté plusieurs buttes en lasagnes coffrées en bottes de paille. Cette technique est vraiment très efficace immédiatement et produit de grandes quantités de compost pour les années suivantes.


    Ça va, on est contents.



     Et allez zou, c'est reparti.
    À très bientôt tout le monde !

    vendredi 27 mai 2016

    Le brocoli sauvage - Lepidium draba

    LEPIDIUM draba est une plante vivace communément appelée brocoli sauvage, pour son allure de petit chou brocoli lorsque les boutons de fleurs apparaissent. Elle appartient d'ailleurs à la famille des Brassicacées (ou Crucifères), tout comme le vrai brocoli Brassica oleracea.






    UNE RUDÉRALE AUTONOME

    Le brocoli sauvage est une plante thermophile, très présente sur les terrains calcaires du Midi de la France, et plus particulièrement sur des sols compactés et plutôt incultes : bords de routes et de chemins, talus, décombres...

    Les Brassicacées comptent parmi les rares familles à avoir développé une certaine autonomie dans le captage de nutriments. Elles peuvent ainsi pousser sans la présence et l'aide d'une vie fongique ou bactérienne aérobie dans le sol. Cela explique que Lepidium draba puisse s'épanouir dans de tels milieux.

    D'autre part, ses tiges puissantes traversent bien des obstacles : au jardin du Grand Jas, elle pousse sur les bords de chemins où nous la voyons souvent traverser des bottes de paille entières !




    UN LÉGUME PIQUANT ET NUTRITIF

    Le brocoli sauvage est aussi appelé passerage, passerage âcre ou encore passerage drave, car une ancienne croyance lui prêtait la vertu de guérir la rage ! Dans le même genre botanique Lepidium, plusieurs espèces portent ce même nom (grande passerage, passerage champêtre...). Mais cet usage vétérinaire n'avait apparemment déjà plus cours au XIXe siècle.

    D'autres propriétés thérapeutiques lui étaient connues alors : tonifiante, rubéfiante (rhumatismes), dépurative et diurétique (cystites, coliques néphrétiques). Mais la médecine n'en fait plus vraiment cas aujourd'hui.

    On sait par contre que ses sommités fleuries contiennent de la vitamine C et qu'elle est riche, comme toutes les brassicacées, en oméga 3 et autres acides gras insaturés, en phosphore et en potassium. Ses bienfaits alimentaires sont donc innombrables.

    Car la plante est comestible bien entendu ! Jeunes feuilles, boutons et fleurs ont une saveur (très) piquante, idéale pour relever un mesclun. On peut aussi l'utiliser comme légume cuisiné : la cuisson fait disparaître le piquant.
    La floraison s'étale de la fin d'hiver jusqu'au milieu du printemps, voire jusqu'à l'été sous des climats plus frais.



    Ses fleurs sont aussi appréciées des poules...


    UNE BIENFAITRICE ENVAHISSANTE

    Le brocoli sauvage attire de très nombreuses petites bêtes qui viennent en butiner les fleurs (coléoptères, mouches, papillons, abeilles...), en sucer la sève (pucerons), y chasser (araignées) ou encore s'y reproduire. Elle participe ainsi à augmenter la biodiversité pour un meilleur équilibre de l'écosystème et, entre autres intérêts, à détourner le puceron vert du pêcher (Myzus persicae).








    Lepidium draba fait partie des plantes qui captent le phosphore bloqué dans le sol et le rendent assimilable par les animaux et les autres plantes. C'est pourquoi elle pousse en abondance sur des sols carencés en phosphore assimilable, soit par érosion, soit par blocage.
    Plus haut, nous disions qu'il s'agissait d'une espèce rudérale. Il est "amusant" de constater que ce mot définit à la fois les décombres, les lieux les plus ingrats comme les abords d'un chemin de fer... et les friches agricoles !
    Bien sûr, car entre deux labours, un sol agricole classique est ce qui se fait de plus inculte : un fort compactage, beaucoup de chaleur, aucune vie du sol et très peu de minéraux à disposition des plantes, bref, une niche de choix pour la passerage qui ne s'y reproduit pas tant par les graines que par multiplication végétative, via ses rhizomes.

    À ce propos, il est intéressant de remarquer que les plantes rhizomateuses poussent généralement sur les sols les plus compactés : elles sont en effet les plus à même d'y amorcer une aération de surface en traçant horizontalement, avant que d'autres systèmes racinaires puissent y plonger. Les rhizomes sont aussi un moyen de couvrir beaucoup plus rapidement que par les graines un sol à nu.

    Pour toutes ces raisons, il n'est pas étonnant que le brocoli sauvage soit considéré comme une mauvaise herbe envahissante dans le monde agricole. Pourtant, la meilleure réponse à ce "problème" est, comme toujours, de laisser la plante faire son œuvre, décompacter la semelle de labour, rétablir le cycle du phosphore, nourrir la faune sauvage et régaler nos papilles !



    En lien avec cet article :
    Des mauvaises herbes ?

    mercredi 4 mai 2016

    Mai au jardin

    EN mai, les semis sortent enfin des serres et les plantes sauvages comestibles se multiplient. Dans cette vidéo, Damien nous parle semis directs, plantation de patates douces, mulchage des pommes de terre, protection contre le froid, associations et densité des cultures, repiquage, arrosage et cueillette sauvage. Rien que ça !

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    samedi 23 avril 2016

    L'instant partagé

    INSTALLEZ-VOUS confortablement pour aller à la rencontre de Patricia et Dominique qui nous présentent leur association L'Instant Partagé, et nous parlent de forêt comestible, de cultures en serre, de spiruline et de jardin partagé avec vue sur la mer !


    Pour en savoir plus, c'est sur instantpartage.fr !

    dimanche 3 avril 2016

    Avril au jardin


    EN avril, les activités au jardin sont nombreuses, en particulier sous serre. Ce mois-ci, Damien nous parle plantations de pommes de terre, plantes sauvages, purins... et semis bien sûr !


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    mercredi 30 mars 2016

    La zone sauvage du jardin du Grand Jas

    LA zone sauvage du jardin du Grand Jas est située à l'entrée du terrain. Il s'agit d'un endroit particulièrement marécageux, régulièrement inondé, d'une surface d'environ 1000m².



    LES PREMIÈRES ANNÉES

    En 2009 et 2010, quelques arbres ont été plantés sur cet espace : pruniers myrobolans, pruniers reine-claude, poirier, pommier, saules pleureurs, érables negundo et peuplier, mais aussi des bambous, et des cannes de Provence.
    En réalité, plusieurs autres espèces plantées ces années-là n'ont pas survécu à la combinaison gel + inondation, en particulier des oliviers ! Pour qui s'intéresse au design en permaculture, le premier conseil généralement donné (et que nous n'avons pas suivi ici) est d'observer un terrain pendant une année avant d'y effectuer des aménagements importants. Cela peut éviter bon nombre d'erreurs...

    Mais c'est en plantant ces premiers arbres que nous avons pu découvrir une source oubliée. Nous avons donc choisi de creuser une mare naturelle dans cette zone, à l'été 2010. Des massettes à larges feuilles et des nénuphars ont été implantés dans la mare, ainsi que quelques poissons rouges.

    Quelques buttes de terre extraite de la mare ont été créées en bordure de celle-ci pour accueillir des plantations ayant besoin d'un sol drainé, comme l'Elaeagnus ebbingei, un arbrisseau fruitier fixateur d'azote.


    La zone sauvage...
     

    ... en 2011.
     

    La mare en 2010...

    ... et 2011.

    Il a été rapidement décidé que nous garderions la zone aussi sauvage que possible, afin de créer un réservoir de biodiversité autour et à l'intérieur de la mare, autant pour le bien des espèces qui y trouveraient refuge que pour la bonne santé des cultures environnantes et le plaisir des yeux.


    Massettes à larges feuilles

    Nénuphars


    DES ACTIONS HUMAINES RÉGULIÈRES

    Depuis, la mare a été agrandie à plusieurs reprises par les membres de l'association, en profondeur lors des grandes sécheresses, mais aussi en superficie afin d'accueillir une plus grande biodiversité et de récupérer de la terre pour des constructions diverses (torchis, terre-paille banché, enduits terre). La terre extraite a aussi servi à surélever le chemin qui traverse la zone pour le maintenir hors d'eau lors des inondations.

    Chaque année, nous continuons d'agir sur la zone, de différentes manières :
    Certains saules sont conduits en arches ou en tonnelles le long du chemin.
    Des massettes sont parfois récoltées pour servir de paillage nutritif, mais aussi pour cuisiner (rhizomes et pollen).
    De plus en plus de fruits sont aussi récoltés.
    Nous continuerons de creuser la mare en profondeur, car le manque de pluie en 2015 l'a pratiquement asséchée.


    Le chemin surélevé rejoint une passerelle
    en bois qui enjambe la mare.
    La passerelle est démontée tous les deux ans (en théorie) pour être traitée à l'huile de lin. Mais une solution plus durable est en cours d'expérimentation : en 2016, de nombreuses boutures de saule ont été plantées sur les rives, de part et d'autre de la passerelle. Dans les années à venir, nous tâcherons de tresser les arbres entre eux pour former un pont vivant dont l'entretien nous fournira de la matière organique.
     

    Pour l'arrosage de nos cultures, l'eau est en partie puisée dans la mare. Nos plantes bénéficient ainsi d'une eau riche en excréments, algues, etc.


    LES ÉVÉNEMENTS NON-MAÎTRISÉS

    De nombreux animaux ont très vite colonisé la mare : grenouilles, gerridés, dytiques, libellules, agrions, araignées, guêpes... puis des éphémères, des couleuvres et divers oiseaux.
    D'ailleurs, depuis que les pruniers ont produit leurs premiers fruits, les oiseaux, et surtout les geais, s'en régalent et ressèment chaque année des noyaux un peu partout dans toute la zone.


     



    Des sangliers et des chiens viennent de temps à autre se balader dans la zone et pratiquer des chemins d'accès à l'eau. Les premières années, quelques jeunes arbres ont été arrachés par les sangliers, mais nous n'avons plus constaté de tels dégâts depuis longtemps.


    Une forte inondation en 2010 a ramené des poissons non-identifiés de la rivière jusque dans la mare. Un héron cendré que nous voyons souvent survoler Bras est venu pêcher à plusieurs reprises, décimant la population de poissons rouges facilement repérables, mais certains poissons (plutôt sombres) issus de la rivière ont survécu et se sont reproduits. Les pierres, les recoins et la végétation leur offrent suffisamment de cachettes pour s'en sortir, du moins jusqu'à maintenant (2016).
     

    Grâce aux nombreux prédateurs présents, nous n'avons aucun problème de moustiques dans cette zone. Cela conforte notre conviction qu'un écosystème sain et riche est à même d'intégrer des espèces réputées invasives et irréductibles, tandis que les moyens de lutte contre le moustique déployés à grande échelle dans nos contrées ont seulement permis la pollution des sols et des eaux à l'insecticide, l'empoisonnement des prédateurs et le développement de moustiques de plus en plus coriaces.


    LA SUCCESSION VÉGÉTALE

    En 2009, la zone sauvage, comme presque tout le terrain, était une jeune friche, résultat de fauches régulières pour produire du foin. Elle n'accueillait alors qu'un très petit nombre d'espèces végétales différentes : chiendent commun, potentille rampante, cardère à foulons, laitue serriole, rumex crépu et grande prêle.

    Depuis que nous n'agissons plus sur le milieu, pas même en piétinant le sol, ces plantes pionnières ont pu amorcer tranquillement leur travail de décompactage, de dépollution, d'ombrage et d'enrichissement du sol, permettant à des plantes un peu plus exigeantes d'apparaître. De nouvelles espèces fleurissent ainsi chaque année, pour notre plus grand plaisir : salicaire, séneçon jacobée, grand plantain, plantain lancéolé, picride, salsifis à feuilles de poireau, liseron des champs, épilobe hirsute, gaillet, carotte sauvage et quelques autres que nous n'avons pas encore identifiées.


    Épilobe hirsute

    Cardères dans la brume

    Si l'on se réfère aux travaux de Gérard Ducerf sur les plantes bio-indicatrices, on constate que la végétation dominante est et sera toujours conditionnée par le caractère marécageux du lieu, gorgé d'eau une bonne partie de l'année, donc asphyxié et compacté, puis souvent sec en été.
    La grande prêle, la salicaire, le rumex crépu, la potentille rampante et l'épilobe hirsute témoignent d'un sol extrêmement humide, voire carrément inondable ; quant au chiendent et à la carotte sauvage, ils dénoncent tous deux le fort contraste hydrique que subit notre sol au fil de l'année.
    Mais cela n'a pas empêché la biodiversité d'augmenter nettement, ni le sol de se modifier en 5 ans !

    Entre 2014 et 2015, les carottes sauvages ont envahi toute la zone. Il est probable qu'il s'agisse d'une nouvelle étape importante, car les fleurs des carottes qui apparaissent à la fin du printemps forment un grand tapis à près d'1m du sol et créent un léger ombrage, ce qui devrait peu à peu calmer les pionnières et lever la dormance de nouvelles espèces.
    En 2015 toujours, les séneçons jacobées ont été bien plus présents que les années précédentes. D'après Gérard Ducerf, cette plante annonce l'évolution du milieu vers la forêt...


    Carottes sauvages en fleurs
     

    Fleurs de séneçon jacobée
    (butinées par Ectophasia crassipennis)

    Il nous tarde, chaque année, d'observer la suite des événements !

    En lien avec cet article :
    Des mauvaises herbes ?