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  • mardi 7 août 2012

    L'hybridation chez les Cucurbitacées

    LORSQU'ON se lance dans la reproduction de semences potagères et que l'on cherche à préserver les variétés, mieux vaut savoir comment chaque espèce cultivée se comporte en matière de pollinisation et de croisements.
    Suite à plusieurs confusions souvent entendues concernant l'hybridation possible entre différentes espèces de Cucurbitacées, il nous semble intéressant de faire un petit point spécialement sur cette famille.

    La famille Cucurbitaceae comprend plus de 120 genres (Cucurbita, Cucumis, Citrullus, Lagenaria...) et environ 800 espèces différentes, mais nos jardins n'en accueillent généralement pas plus d'une dizaine. Les plus communément cultivées sont :

    Citrullus lanatus : les pastèques.

    Cucurbita ficifolia : la courge de Siam.

    Cucurbita maxima : les courges communément appelées potirons et potimarrons.

    Cucurbita moschata : les courges musquées comme la 'Butternut', la 'Musquée de Provence' ou la 'Longue de Nice'.

    Cucurbita pepo : les courgettes, les pâtissons, les citrouilles, la courge spaghetti, certaines variétés de courges ornementales et de courges sauvages.

    Cucumis melo : les melons.

    Cucumis sativus : les concombres et les cornichons.


    Cucumis melo
    Melon 'Hale's Best Jumbo'

    Citrullus lanatus
    Pastèque à confiture 'À Graines Rouges'

    Cucumis sativus
    Concombre 'Sweet Marketmore'

    Cucumis sativus
    Cornichon 'Blanc Petit De Paris'

    Cucurbita maxima
    Potimarron 'Red Kury'

    Cucurbita pepo
    Courgette 'Ronde De Nice'

    Cucumis pepo
     
    Courge 'Thelma Sander's Sweet Potato'

    Cucurbita pepo
    Pâtisson 'Orange'

    Dans la nature, des croisements se produisent très souvent entre espèces différentes et, dans des cas très rares, les genres peuvent aussi se croiser. Mais ces hybridations dites interspécifique et intergénérique ne concernent quasiment pas les Cucurbitacées. Seule Cucurbita argyrosperma, une espèce rarement cultivée hors du continent américain, présente des possibilités de croisement avec quelques-unes de ses cousines (essentiellement moschata, mais aussi maxima, pepo et d'autres moins familières). Pour toutes les autres, c'est seulement au sein de chaque espèce que deux variétés sont susceptibles de s'hybrider : deux potirons, deux pastèques, la courgette avec le pâtisson, le concombre avec le cornichon...

    Il est donc tout à fait possible de cultiver de nombreuses Cucurbitacées sur la même saison, tout en préservant au final une variété de courgette, une de courge musquée, une de potiron, une de concombre, une de melon, etc.
    Il faudra seulement prendre garde bien sûr à ne pas cultiver plusieurs variétés de la même espèce en même temps et au même endroit, ou toutefois à ne pas les laisser se polliniser l'une l'autre. Car si la plupart des Cucurbitacées sont capables de s'autopolliniser, elles ont toutes une préférence pour la pollinisation croisée auxquelles nos bons amis les insectes peuvent procéder jusqu'à parfois plus d'1km de distance.
    Pour cette raison, il conviendra aussi d'aller fouiner un peu dans le voisinage proche, histoire de voir ce qui s'y cultive.

    Cultiver plusieurs variétés ensemble n'est pas pour autant une mauvaise idée, si vous ne tenez pas à préserver vos variétés ou, au contraire, si vous souhaitez en créer de nouvelles ! Mais ça, c'est un autre sujet...

    Ça butine sévère dans les courgettes !

    Un précision, pour finir : il semblerait que ce mythe de l'hybridation interspécifique chez les Cucurbitacées concerne fréquemment les concombres et les melons, tous deux appartenant au même genre Cucumis. Néanmoins, ce sont bien deux espèces distinctes, sans risque de croisement.
    Le responsable de cette confusion s'appelle Cucumis melo flexuosus, le concombre arménien ou melon-concombre. En effet, celui-ci a beau se faire appeler concombre et ressembler à un concombre jusque dans le goût, il s'hybridera naturellement avec n'importe quelle variété de melon (mais pas avec les concombres) puisque, botaniquement parlant, c'est un melon.

    Pour en savoir plus sur les caractéristiques de chaque espèce, les méthodes de culture, la pollinisation et la production de semences des Cucurbitacées (ou de nombreuses autres familles potagères, d'ailleurs), nous ne saurions trop vous recommander la mine d'informations qu'est l'ouvrage Semences de Kokopelli.

    19 commentaires:

    1. Voilà qui est clair et concis, très bonne explication.
      Merci La Graine Indocile

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    2. Bonjour a tous.
      Les fruits des plants hybridés sont ils commestibles?

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      1. David, pour La Graine17 août 2017 à 16:22

        Bonjour,
        Oui, du moment que les parents sont des courges comestibles.

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    3. Bonjour,

      En récoltant mes patissons ce matin, j'ai découvert une espèce étrange. Étant donné que mes patissons poussaient à côté de potimarrons et au vu de la forme et de la couleur orange de l'espèce obtenue, j'en ai déduit que c'était une hybridation entre un patisson et un potimarron. Il n'y a pas de courge à proximité et je n'ai pas non plus semé de patisson orange.
      Ça semble donc claire. Une hybridation entre un patisson et un potimarron a eu lieu.
      J'ai tout de suite fait des recherches là dessus. Cela concernerait une hybridation de deux espèces différentes : cucurbita maxima et cucurbita pepo. Cependant, je n'ai trouvé aucune information sur les hybridations entre deux espèces, les articles comme celui ci-dessus ne parlent que des croisements au sein d'une même espèce.

      J'aimerais donc obtenir si possible des infos plus précises, et savoir si une hybridation de ce type peut avoir lieu et si elle arrive souvent ou non.

      Merci d'avance.

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      1. Salut,
        comme le dit "Anonyme", si tu constates un patisson étrange ou différent cette année, c'est que l'hybridation a eu lieu l'année précédente.
        Il existe des patissons blancs, oranges, jaunes, ainsi que de nombreuses courgettes cucurbita pepo pouvant s'hybrider entre elles. Pour en savoir plus, tu dois retracer le parcours de ta graine jusqu'à l'année précédente. Sinon, tu peux aussi regarder cette petite vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=4FEci2ZoBXw
        Bonne continuation !

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    4. Bonjour, tout depend de l'origine des graines. En effet, sauf erreur, c'est l'année N+2 qu'apparait le resultat de l'hybridation. C'est a dire lorsqu'on re seme des graines hybridées. Donc, normalement, sur des graines achetées réputées non hybridées, il ne devait pas y avoir de fruit hybride.

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    5. Bonjour, les hybridations intra-espèces montrent-elles déjà des signes de croisement la première année suivant le croisement ou en année 2 ?
      Merci !

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      1. Bonjour,

        Imaginons un petit exemple : Admettons qu'en 2019, je plante côte à côte une courgette et un pâtisson. le plant de pâtisson donnera des pâtissons normaux et le plant de courgette donnera des courgettes normales. Si je garde les graines d'un pâtisson, et que je les ressème en 2020, il est probable que j'obtienne des hybrides pâtisson/courgette "pâtigettes". Peut-être qu'avec ce petit exemple, cela est plus clair ?!

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    6. La Graine Indocile5 janvier 2019 à 15:50

      Bonjour,

      Imaginons un petit exemple : Admettons qu'en 2019, je plante côte à côte une courgette et un pâtisson. le plant de pâtisson donnera des pâtissons normaux et le plant de courgette donnera des courgettes normales. Si je garde les graines d'un pâtisson, et que je les ressème en 2020, il est probable que j'obtienne des hybrides pâtisson/courgette "pâtigettes". Peut-être qu'avec ce petit exemple, cela est plus clair ?!

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    7. Bonjour,
      J'aimerai semer des courges bluffa (éponge) et je voudrai savoir si elles sont susceptibles d'hybrider les courges comestibles ?
      Merci pour votre aide
      Cordialement

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      1. Bonjour,
        bien que la courge luffa soit une cucurbitacée, elle ne peut pas s'hybrider avec les autres courges comestibles.

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    8. Bonjour David,
      Une courge luffa peut elle s'hybrider avec des melons ?
      Merci

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      1. Salut !(Bien que ce ne soit pas David qui réponde)
        non, la courge luffa ne s'hybride pas avec les melons.

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    9. salut salut !! une petite question: je cultive deux especes de melons différentes, je voudrais garder les graines, l'année suivante je me retrouve avec des graines de melon hybride nouvelle variété inventée par mes soins ... Cette variété n'a t elle pas des risques d'être super chelou, ou au contraire la nature aime les croisements et j'ai des chances d'avoir une super nouvelle variété de melon adapté a mon climat et a ma terre ????

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      1. bon j'ai ma reponse, enfin en partie, car cet article concerne les courges et courgette, j'imagine que ça marche pour les melon aussi.... article super interessant denicher sur le site de kokopeli :

        CRÉATION VARIÉTALE

        Bien que les courges soient fondamentalement des plantes allogames,
        il semble, cependant, qu’elle se soient adaptées à des conditions d’auto-fécondation.

        Certains auteurs en Amérique mettent en avant différentes raisons. La première est le développement assez étendu des Cucurbita qui occasionne souvent une fécondation des fleurs femelles d’une plante par du pollen émanant de fleurs mâles de la même plante. La seconde est la pratique très courante chez les Amérindiens de mélanger dans le jardin les plants de maïs, de courges et de haricots, instaurant ainsi une certaine distance entre les plantes de la même variété.

        Quoiqu’il en soit, l’auto-fécondation a été couramment utilisée par les obtenteurs pour créer de nouvelles variétés et il ne semble pas que les Cucurbita soient trop sensibles à ce que l’on appelle la “dépression génétique”.

        En fonction de cela, il est donc très facile pour un jardinier de jouer à créer ses propres variétés en croisant deux variétés de la même espèce.

        La technique est similaire à celle employée pour la pollinisation manuelle à la différence que les fleurs mâles proviennent de plantes d’une variété différente.
        Fleur femelle ligaturée

        Ainsi, la veille au soir on peut ligaturer des fleurs femelles de Golden Delicious (en forme de coeur) et des fleurs mâles de la variété Marina di Chioggia (qui sont deux Cucurbita maxima). Le lendemain, la fécondation s’effectue comme expliquée précédemment.

        Il faut bien sûr ne pas oublier d’accrocher une étiquette au pédoncule, de façon lâche, en précisant les noms de la variété “réceptrice” et de la variété “mâle”. Les semences sont récoltées à l’automne et semées l’année suivante.

        Lorsque le croisement a été réalisé avec des variétés très “purifiées” (ce qui est souvent le cas des variétés dites à usage professionnel), il va générer des plantes de première génération qui vont être relativement semblables et il n’est pas nécessaire d’en cultiver un grand nombre.

        Ce n’est, par contre, pas le cas lorsque les variétés utilisées pour le croisement sont des variétés à usage amateur avec des caractéristiques relativement variables. Le croisement va alors générer des plantes de première génération plus dissemblables et on peut en cultiver un plus grand nombre que dans le cas précédent.

        Les plantes de cette première génération vont devoir être systématiquement auto-fécondées. Cela veut dire que les fleurs femelles de chaque plante sont pollinisées manuellement avec des fleurs mâles issues de la même plante.

        Le jardinier va sélectionner des fruits en fonction de critères telle que l’obtention d’un coeur de couleur bronze et à l’épiderme verruqueux. Il ne va récolter les semences que du ou des fruits sélectionnés.

        Ces semences sont ensuite semées l’année d’après et les plantes qu’elles vont produire sont toutes auto-fécondées. Le jardinier de nouveau ne sélectionne que le ou les fruits en forme de coeur bronze et verruqueux. Ce processus va être répété durant plusieurs années jusqu’à ce que tous les fruits obtenus aient les caractéristiques sélectionnées à partir de la première génération. La variété est ainsi dite “fixée”. Cependant, il est hautement probable que de temps en temps apparaissent des fruits que l’on appelle “hors type” en raison de la présence de gènes qualifiés de “récessifs”. Une nouvelle variété peut également être créée lorsqu’on découvre dans le jardin une courge ne correspondant pas du tout à la variété semée. On peut appeler cela une mutation ou un cadeau des anges. Si le jardinier apprécie la couleur ou la forme ou la saveur ou la grande précocité du fruit hors type, il peut l’utiliser comme base d’un processus de sélection et d’auto-fécondation afin d’obtenir, après quelques années, une variété fixée ne produisant que des fruits similaires au fruit découvert dans le jardin.

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    10. Bonjour

      J'ai cette année et par hasard , eut ce genre de situation ...
      Un Pâtisson de 2018 ( graine du commerce ) à l'apparence tout a fait classique .. mais oublié dans l'abris de jardin ...
      j'ai don fin de l'hivers récupéré ses graines ( au moins tout n'es pas perdu )

      J'ai fait fais quelques semis .. et au final planté 2 plants .... résultat , j'ai des légumes mais différents sur chaque plante ... du coup , je me demande si c'est comestible ... ou pas

      si vous voulez les photos ... j'en ai :)

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    11. Bonjour,
      C est la 3ème année que je collecte mes graines sur mes légumes et refais des semis. Pareil pour les courgettes, butternut, potimarron...
      J ai un pieds de butternut qui donne un fruit hors norme : à 12cm, il a la forme de la butternut mais il est vert foncé et strié clair.
      Peut on parler d'hybridation entre butternut ou inter espèce?

      Je constate aussi cette année que les potimarrons sont plus gros que l'année précédente et plus orange que rouge.
      Sont-ils hybridés?

      Certains disent que les hybridation peuvent ne pas êtres comestibles, voire toxiques. Est ce une rumeur?

      Je ne cultive pas de courges decoratives.
      Merci

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    12. Bonjour, il pleut beaucoup et je n'ai plus de fleurs mâles butternut en bon état pour féconder les femelles. Je voudrais prendre une fleur mâle citrouille ou une fleur mâle courgette. J'ai plusieurs pieds de chaque, tous les uns à côté des autres et nous n'avons presque pas d'abeilles donc on le fait nous-mêmes...
      Ma question est, cela peut-il fonctionner? Merci!

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