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  • samedi 19 septembre 2015

    Le lierre grimpant - Hedera helix

    DANS la série des "mauvaises herbes", après la prêle et le chiendent, nous nous éloignons un petit peu du sujet avec cet article sur le lierre (qui n'a rien d'une "herbe"), mais voilà une liane dont il nous paraît important de parler, tant sa triste réputation repose sur de fausses idées.




    Le principal reproche fait au lierre grimpant, Hedera helix pour les intimes, est qu'il étouffe d'une manière ou d'une autre l'arbre sur lequel il grimpe... or c'est tout simplement faux !

    Contrairement au chèvrefeuille, à la glycine ou au figuier étrangleur, le lierre n'enserre pas son hôte, mais y grimpe de façon rectiligne et plus ou moins verticale, ne causant aucun dommage de type étranglement, nanification ou déformation.

    Les crampons dont il se sert pour grimper servent exclusivement de ventouses et n'ont pas un rôle nutritif : ils ne s'enfoncent donc pas dans le bois ni ne pompent la sève de l'arbre.




    Il est facile de remarquer que le feuillage du lierre ne surplombe jamais celui de son hôte et ne l'empêche donc pas de faire sa photosynthèse... du moins tant que celui-ci se porte bien. C'est seulement si l'arbre commence à mourir (pour une raison quelconque) que le lierre peut le recouvrir complètement et favoriser sa décomposition, d'où cette croyance tenace que le lierre tue les arbres. L'erreur est compréhensible.

    Enfin ses racines sont bien plus superficielles que celles des arbres et n'entrent donc pas en concurrence avec elles. Seuls les jeunes arbres sont à protéger car ils peuvent subir cette concurrence.



    Non seulement le lierre n'est pas ce parasite tant redouté, mais il est un bienfaiteur de différentes façons :

    Nous avons déjà parlé dans ces pages de l'infusion de lierre utilisable sur les cultures comme insecticide (bien que ce ne soit pas vraiment notre tasse de thé). Mais en décoction, infusion ou cataplasme, le lierre a aussi de nombreuses propriétés thérapeutiques : expectorant, antispasmodique et cicatrisant, il est efficace contre l'encombrement et l'inflammation des bronches, contre l'arthrose et les rhumatismes, pour soigner les plaies, les démangeaisons, les brûlures et les cors au pied.

    Contre un mur de maison, il fait office d'excellent isolant. C'est uniquement si le mur n'est pas sain, s'il est friable ou si des fissures sont déjà présentes que le lierre peut y infiltrer ses crampons et l'endommager.

    La couverture dense et persistante qu'il forme autour d'un tronc protège celui-ci du gel et des variations thermiques en général, du feu et des animaux mangeurs d'écorce.

    La floraison du lierre ayant lieu en septembre-octobre, elle n'entre pas en concurrence avec celle de son hôte, puisque la plupart des arbres fleurissent entre le printemps et l'été ; mais surtout, ses fleurs sont parmi les dernières de la saison et sont donc une panacée pour d'innombrables butineurs. Son feuillage persistant est aussi un abri de choix pour quantité d'insectes, ainsi que pour certains oiseaux qui, au passage, se régalent de ses fruits (mûrs dès le mois de mars).

    Abeilles, guêpes, bourdons, bombyles, frelons, eumènes, fourmis, syrphes, mouches, faucheux, araignées, chenilles et papillons, sauterelles, éphippigères, mantes religieuses, punaises, mésanges charbonnières, mésanges à longue queues, troglodytes mignons... En septembre, c'est un plaisir d'observer les lierres bourdonnant et fourmillant de vie.

    Nous vous quittons donc sur un petit florilège de ceux qui ont bien voulu se laisser prendre en photo...


    Abeille domestique

    Apis mellifera

    Opilion (ou faucheux)

    Phalangium opilio

    Gastéruption à javelot (femelle)

    Gasteruption jaculator

    Fourmis

    Crematogaster scutellaris

    Eristale des fleurs (ou syrphe tête-de-mort)

    Myathropa florea

    Mouche à damier

    Sarcophaga carnaria

    Phanéroptère méridional

    Phaneroptera nana

    Drosophile

    Drosophila melanogaster

    Syrphe ceinturé

    Episyrphus balteatus

    De nombreuses petites araignées difficilement

    identifiables nichent sous le feuillage...

    Fourmi

    sûrement Lasius niger

    Bombyle hottentot

    Villa hottentota

    Mouche tachinaire

    Linnaemya sp.

    Punaise verte puante à collier (adulte)

    Nezara viridula var. torquata

    Guêpe poliste

    Polistes gallicus

    Abeille charpentière

    Xylocopa sp.

    En lien avec cet article :
    Des mauvaises herbes ?

    6 commentaires:

    1. Bonjour,
      et bravo, c'est la première fois que je vois de belles photos sur ces nombreux insectes qui nous côtoient si près.
      Le lierre fait aussi un bon coupe-vent et coupe-vue sur une clôture séparative grillagée, il suffit de la tailler chaque année au période ou l'on ne craint pas d'abimer dame nature et ses habitants.

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    2. Bonjour,
      Je viens de lire avec un vif intérêt votre texte sur le lierre, ses qualités et les bienfaits qu'il procure à Dame Nature (isolant envers les bâtiments, abri et nourriture aux oiseaux, etc...)
      J'avoue que vous m'avez convaincu sur ces points, convaincu parce que j'étais un "farouche" adversaire du lierre que je considérais comme un ennemi des bâtiments, des arbres et de la Nature en général.
      Bravo, vous m'avez convaincu sur ce point.
      Par contre, je ne comprends pas lorsque vous écrivez que le lierre n'étrangle pas l'arbre, qu'il suit sa croissance, etc...
      En effet, encore récemment, j'ai arraché un lierre, de bonne dimension, qui entourait un jeune arbre, et qui l'étranglait vu les traces laissées sur le tronc (empreintes).
      Aussi, je veux bien être convaincu totalement mais je voudrais avoir des explications sur ce point précis, soit de vous soit des lecteurs.
      D'avance merci.
      Meilleures salutations.
      Un ami de Dame Nature
      J.L. COUDERC (couderc1215@orange.fr)

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      1. Bonjour,

        Ce qui n'est peut-être pas clair dans l'article, c'est que pour étrangler l'arbre, il faudrait que le lierre soit volubile, c'est-à-dire qu'il s'enroule autour, ce qui n'est pas le cas.
        Sa présence peut effectivement créer une empreinte assez importante, car l'écorce de l'arbre aussi épouse la forme du lierre, mais cela ne nuit pas à sa santé et à sa croissance, du moment qu'il est en bonne santé au départ.

        L'arrachage du lierre, par contre, peut nuire à l'arbre en créant de multiples blessures et en lui ôtant d'un seul coup sa faune et son isolation. Si l'on tient à supprimer le lierre d'un arbre, mieux vaut le couper au niveau du sol et le laisser en place sur le tronc.

        Quoiqu'il en soit, merci pour votre intérêt, et ravi de vous avoir convaincu, même si ce n'est qu'en partie!

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    3. Bonjour.
      Je voudrais savoir si il est recommandé de mettre des feuilles de lierre dans une butte de culture pour apporter de l'azote.
      Y-a-t'il un risque que le lierre reparte dans la butte ?
      Merci

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      Réponses
      1. David, pour La Graine6 mars 2017 à 10:40

        Bonjour,

        Désolé pour cette réponse tardive ! Oui le lierre peut très bien être utilisé en apport d'azote à l'intérieur ou en surface d'une butte. Si vous prenez garde à ne mettre que les feuilles, aucun souci. Par contre des morceaux de tige ou de racine repartiront facilement, mais ce n'est pas difficile de l'arracher lorsqu'il pointe son nez.

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