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  • lundi 31 mars 2014

    Les Salauds de l'Agriculture

    EN mars 2014, l'AFP (Agence France-Presse), organe de presse mondial diffusant l'information "sous une forme neutre et fiable", se fendait d'un bel article sur le dernier Salon de l'Agriculture qui présentait les dernières innovations de l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique).

    On y apprenait que, désormais, un agriculteur ne peut plus exercer son travail sans être connecté à Internet pour "twitter" avec ses confrères ou bien pour signaler la présence d'un ravageur sur ses terres, via son indispensable smartphone. D'ailleurs, les "nouvelles technologies" en général lui sont indéniablement nécessaires et demain, des robots scanneurs de mauvaises herbes et cracheurs d'herbicide arpenteront ses champs à sa place.
    Ça sonne comme une blague, mais non. Et si notre agriculteur pense aujourd'hui pouvoir se passer de tout cela, il se trompe.

    Plusieurs autres grands travaux mis au point par l'INRA étaient présentés dans cet article, comme les vaches équipées de caméras 3D contre le gaspillage de nourriture, contre la pollution, et pour leur propre santé, ou bien les truites d'élevage végétariennes (bien que la truite soit foncièrement carnivore), unique solution pour ne plus être forcés de pratiquer la pêche minotière afin de les nourrir.

    Et le clou de l'histoire, le pompon sur le gâteau, c'est que tous ces beaux projets sont la réponse des grands chercheurs au dilemme posé par... nous ! Nous tous qui œuvrons pour la culture de plantes saines et l'élevage d'animaux respectés, pour des exploitations à échelle humaine et riches de biodiversité... bref, nous les promoteurs de l'agroécologie, nous avons été entendus par les pontes de l'agronomie moderne. L'écologie fera dorénavant loi dans le monde agricole, pour préserver nos ressources en eau, en produits chimiques, en énergies fossiles, et pour un coût moindre.
    Comment ? Avec des drones désherbeurs, voilà comment. Avec des truites au gluten et des webcams au cul des vaches.

    Au nom de tout le vivant, merci l'INRA.

    Au nom de la presse objective et juste, merci l'AFP.

    Pour lire l'article en question, on le trouve encore ici. Mais nous n'en parlons qu'à titre d'exemple, pour illustrer la direction prise par l'agriculture française et l'aberrante confusion qui naît peu à peu entre les solutions auxquelles nous croyons et la prétendue "agroécologie" qui passionne aujourd'hui notre gouvernement.

    Ne nous laissons pas berner par le vocabulaire et les logiques tordues d'agronomes en blouse blanche ! Les convictions qui sont les nôtres et que nous mêlons parfois en vrac sous l'étendard de l'agroécologie, nous les connaissons. Nous savons qu'il ne s'agit pas de gaspiller d'un côté pour économiser de l'autre, ni de transformer la nature plutôt que nos pratiques pour polluer un peu moins. Nous savons que les mots écologie, agroécologie et permaculture ne sont que des mots et que, lorsqu'un gouvernement, un industriel ou un institut de recherches s'en empare, il ne s'empare que du mot.

    À chaque fois qu'un sol s'enrichit quelque part, à chaque fois qu'un jardinier s'autonomise, notre agriculture s'améliore. La planète, les légumes et les appareils digestifs se fichent bien de la sémantique. Peu importe finalement si les "puissants" s'en gargarisent ; notre désir de saine abondance reste inchangé.

    Restons acteurs, vigilants et curieux.

    Restons indociles.


    En lien avec cet article :
    Petit manifeste... radical ?

    1 commentaire:

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