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  • mercredi 1 février 2017

    Le frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax)

    DE nos jours, tout le monde a entendu parler du frelon à pattes jaunes, Vespa velutina, surnommé par chez nous le frelon asiatique, et célèbre pour les ravages qu'il cause dans les populations d'abeilles domestiques. 


    On le dit asiatique car la sous-espèce V. velutina nigrithorax, observée pour la première fois en France en 2004, est originaire d'Asie continentale. Cette région possède à peu de choses près le même climat que le nôtre, si bien que, une fois introduit dans l'Hexagone via des conteneurs de poteries importées de Chine, ledit frelon s'est très facilement adapté. En 2016, il avait colonisé la quasi-totalité de la France, et atteint la plupart des pays alentours : Espagne, Portugal, Italie, Allemagne, Belgique et Angleterre.


    COMPORTEMENT

    Le genre Vespa, qui appartient à l'ordre des Hyménoptères, regroupe 22 espèces de frelons à travers le monde. Ce sont des insectes sociaux mais, à la différence des abeilles ou des fourmis, les frelons et autres guêpes sociales fonctionnent en colonies annuelles : l'hiver venu, toute la colonie meurt, à l'exception des reines ayant réussi à s'abriter pour hiverner. Celles-ci ressortent au printemps pour bâtir un nid, engendrer des ouvrières, puis des mâles et des femelles fertiles qui, une fois fécondées, deviendront des reines, etc., etc.

    Frelons asiatiques en alerte sur un nid

    Les frelons jouent différents rôles dans les écosystèmes : chasseurs avant tout, ils régulent les populations de nombreux insectes, principalement pour nourrir leur progéniture, car les adultes s'alimentent très peu et presque uniquement de fruits mûrs et de nectar. C'est pourquoi les frelons butinent et sont donc des pollinisateurs.


    LE FRELON ET L'HOMME

    Comparativement à d'autres Hyménoptères, les frelons sont plutôt pacifiques vis à vis de l'homme, n'attaquant qu'en dernier recours, en cas d'agression ou de présence à proximité du nid (3-4m).
    À l'automne 2015, au jardin de La Graine Indocile, un saule pleureur était parasité par des pucerons. Or, en suçant la sève des végétaux, les pucerons excrètent un miellat dont les Hyménoptères raffolent. Plusieurs frelons européens ont alors passé des semaines à lécher le liquide sucré sur le tronc de cet arbre situé en bordure de chemin. Nous sommes passés de très nombreuses fois à 50cm de leur petit festin sans jamais craindre la moindre attaque de leur part.
    Divers entomologistes, médecins et autres chercheurs s'accordent à dire que le frelon asiatique est tout aussi pacifique lorsqu'il vaque à ses occupations, et tout aussi belliqueux si l'on s'approche de son nid.

    Les piqûres de frelon sont assez douloureuses en raison de la longueur du dard, ainsi que de l'acétylcholine contenue dans le venin qui stimule les récepteurs de douleur. Mais ce venin est bien moins dangereux qu'on le dit, du moins concernant V. crabro et V. velutina, seules espèces présentes en France à ce jour.
    En effet, les frelons et les guêpes sont dotés d'un dard venimeux dans le but de chasser des proies. Ils inoculent donc des doses mesurées de poison par souci d'économie, afin de pouvoir multiplier les attaques. L'abeille domestique, au contraire, utilise cette arme en mode kamikaze, comme moyen de défendre la ruche contre des prédateurs très variés, du petit rongeur jusqu'à l'ours et à l'être humain. Après la piqûre, l'abeille meurt presque systématiquement, car le dard en forme de harpon s'arrache de son corps avec la glande à venin et reste planté dans la peau de l'ennemi. C'est pourquoi la piqûre d'abeille est en réalité plus dangereuse que celle du frelon.
    La plupart du temps, une piqûre de frelon ne provoque donc que douleur et inflammation. Mais comme pour les abeilles et les guêpes, il est fortement conseillé d'appeler les secours au plus vite en cas de piqûre au niveau de la bouche, de la gorge ou de l’œil, en cas de piqûres nombreuses (risque d'intoxication sérieuse) et/ou de réaction allergique (douleur, rougeurs et gonflements étendus ou persistants, difficultés respiratoires, chute de tension...).
    On estime que 1 à 5% de la population est allergique aux venins d'Hyménoptères ; mais le nombre de décès des suites de piqûres est très faible, environ 15 par an, et n'a pas augmenté avec l'arrivée de V. velutina.


    RECONNAÎTRE VESPA VELUTINA

    Au vu des fréquentes confusions entendues çà et là, nous tenons à faire un petit point d'identification... en commençant par dire que le frelon asiatique n'est pas une espèce géante, au contraire ! Il est même généralement un peu plus petit que l'européen.


    Frelon à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax)

    L'abdomen est noir, cerné de deux liserés fins jaune-orange et d'un segment orange. Les pattes sont jaunes, le thorax noir, et la tête orange et noire.
    L'ouvrière mesure entre 17 et 26mm.
    La reine peut atteindre 32mm.

    Frelon européen (Vespa crabro)

    L'abdomen est jaune rayé de noir. Les pattes sont rousses, le thorax noir et roux, et la tête jaune-orange
    L'ouvrière mesure entre 19 et 30mm.
    La reine peut atteindre 39mm.



    LES PIÈGES

    De plus en plus de sources le clament : les pièges utilisés contre V. velutina sont presque toujours des coups d'épée dans l'eau... ou bien ils empirent la situation !


    Fondatrice de V. velutina commençant
    son nid au début du printemps.
    À l'automne, des centaines de femelles sexuées quittent chaque nid par vagues, se dispersant jusqu'à 60km alentour. Pour le programme d’étude du frelon asiatique du Muséum National d’Histoire Naturelle, « il est clair qu'aucun piégeage ne peut freiner ce front d’invasion ».
    Par la suite, 95% des reines succombent en hiver. La lutte demeure donc inutile à cette période. Et au printemps, pareil ! 95% des reines survivantes meurent à leur tour en combattant d'autres reines pour défendre ou voler un nid en construction. Pire encore, « si l’on en piège certaines, on libère le terrain pour d’autres qui n’auront même pas à se battre ».

    Notons au passage que, comme pour les moustiques ou les limaces, un piégeage à l'insecticide empoisonne aussi les prédateurs, ce qui revient à favoriser le frelon.
    De plus, poisons ou non, les pièges sont rarement sélectifs. De nombreux pièges à base de bière, de jus sucré ou de jus de cirier fermenté sont mis en place pour lutter contre le frelon asiatique et tuent de nombreux insectes de toutes sortes, et pas toujours les frelons.
    Différents laboratoires (INRA Bordeaux, IRBI de l'Université de Tours) travaillent aujourd'hui au développement de pièges à phéromones vraiment sélectifs. Mais encore une fois, le piégeage à but de régulation est une illusion. La seule manière « efficace » d'utiliser un piège sélectif serait de le placer tout près des ruches pour diminuer la pression sur les abeilles.


    LES PRÉDATEURS

    En France, la plupart des prédateurs potentiels du frelon à pattes jaunes, comme les pics, les mésanges ou certaines chauves-souris, ne sont apparemment pas très efficaces face au nombre.

    Parmi les oiseaux, la bondrée apivore (Pernis apivorus) est tout de même un prédateur remarquable, capable de s'attaquer directement aux nids. Cependant, ce rapace diurne et migrateur s'est raréfié, victime de la dégradation de son habitat et des pesticides qui diminuent le nombre de proies et transforment celles qui restent en poison. La bondrée est d'ailleurs une espèce protégée au niveau européen.

    Pernis apivorus

    Deux parasitoïdes indigènes sont capables d'infester V. velutina : un ver nématode du genre Pheromermis et une mouche appelée Conops vesicularis. Les larves de cette dernière, si elle parvient à pondre dans une reine frelon, éclosent dans son corps et dévorent ses organes, entraînant sa mort puis celle de toute la colonie.
    Mais devant la sélection naturelle extrêmement sévère dont nous parlions plus haut, ces parasites ont une incidence limitée.

    Pheromermis sp.
    Conops vesicularis

    Le genre Sarracenia regroupe neuf espèces de plantes carnivores originaires des tourbières nord-américaines, et qui s'adaptent très bien aux milieux similaires de France. Les feuilles en entonnoir de ces jolies plantes contiennent un liquide qui attire les insectes ; ces derniers, piégés dans l'urne, y sont paralysés, noyés, puis digérés par des sucs.


    Sarracenia oreophila
    Divers comptages ont été récemment effectués, notamment par le Muséum d’Histoire Naturelle de Nantes sur plusieurs espèces de sarracénies : ces plantes piègent majoritairement des mouches (51% des insectes recensés), mais on y a retrouvé presque autant de frelons à pattes jaunes (48%) ! Ils sont en effet bien plus attirés par l'odeur des sarracénies que ne le sont les frelons européens (0,4%) ou tout autre Hyménoptère.
    Une étude a été amorcée en 2015 pour connaître plus précisément l'impact potentiel des sarracénies sur les populations de V. velutina, en déterminant par exemple le nombre de frelons piégés par une seule urne sur une période donnée, ou bien les périodes de l'année les plus fructueuses.

    Le frelon européen, très territorial, peut quant à lui avoir un fort impact en détruisant les nids trop proches du sien ; il est donc bien dommage que l'on chasse systématiquement tous les frelons, y compris les européens, soit parce que leur grande taille et de nombreuses fausses rumeurs nous les rendent effrayants, soit parce qu'on les prend tout simplement pour des vilains frelons asiatiques même pas de chez nous !
    En réalité, la destruction systématique des nids de frelons européens depuis des décennies est probablement la raison pour laquelle l'asiatique s'est si facilement installé.


    UNE STRATÉGIE DE DÉFENSE : LE BALLING

    Contre les attaques de diverses espèces de frelon, dont Vespa velutina, les abeilles asiatiques (Apis cerana) emploient une technique impressionnante : elles se massent par centaines autour de l'agresseur en une boule compacte, et font vibrer leurs ailes pour augmenter la température du cœur de la boule jusqu'à 45°C, ainsi que les taux de CO2 et d'humidité. De telles conditions sont fatales au frelon, tandis que l'abeille peut supporter des températures jusqu'à près de 50°C. Cette technique est appelée thermo-balling (ou heat-balling).

    L'abeille japonaise (Apis Cerana japonica) en formation thermo-balling contre le frelon japonais (V. simillima xanthoptera).

    L'abeille chypriote (A. mellifera cypria), sujette aux attaques d'un frelon oriental (V. orientalis) plus résistant à la chaleur, pratique l'asphixia-balling : il s'agit là encore d'enfermer l'intrus dans une boule compacte et d'en augmenter température, CO2 et humidité, mais en appliquant en plus une pression importante de manière à empêcher les mouvements respiratoires de son abdomen et le tuer par asphyxie.

    L'abeille jaune (A. mellifera ligustica) que nous connaissons bien pratique elle aussi une sorte de thermo-balling sur notre bon vieux frelon européen, mais l'on en sait encore peu sur sa technique.
    Des expériences dans le Sud-Ouest de la France ont montré que si un frelon asiatique est posé directement sur la planche d'envol ou à l'intérieur de la ruche, une grande majorité de colonies de A. mellifera adoptent un comportement de thermo-balling et parviennent à tuer le frelon. Mais dans la réalité, le frelon asiatique n'est pas du genre à se ruer dans la ruche. Il se poste en vol stationnaire devant la planche d'envol, ce que ne fait pas son cousin européen (ce dernier s'en prend d'ailleurs rarement aux abeilles, chassant essentiellement des mouches).


    INTIMIDATION ET STRESS

    Voilà qui change la donne, car face à cette menace inhabituelle du vol stationnaire, hormis dans de rares cas où elle construit une barrière en propolis pour empêcher le frelon d'entrer dans la ruche, A. mellifera adopte généralement divers comportements d'intimidation pas toujours efficaces : les abeilles produisent un sifflement en battant des ailes, ou agitent leur abdomen de façon synchronisée, ou encore s'agglutinent en tapis sur la planche d'envol (« bee-carpet behaviour »).
    Dans plus d'un cas sur trois en 2010, A. mellifera ne manifeste aucun comportement coordonné et se contente de se disperser sur et autour de la planche d'envol. C'est uniquement dans ces cas-là que le frelon ose pénétrer dans la ruche. Mais si les abeilles se réunissent en bee-carpet, alors le frelon reste à distance et s'attaque aux individus isolés.


    Un frelon asiatique en vol stationnaire devant la planche d'envol d'une ruche.
    Ici, une réglette ajourée appelée "réducteur d'entrée" a été installée pour protéger la ruche des intrusions.

    Des observations ont été faites de frelons attaquant en nombre, dépeçant les ouvrières, puis emportant les larves et le miel. Cela dit, il a été établi que les pertes massives d'abeilles liées à la présence de V. velutina ne sont pas principalement due aux attaques, mais au stress important que cause le vol stationnaire. La colonie, ne parvenant plus à maintenir une activité suffisante pour se nourrir, s'affaiblit et succombe à l'hiver ou aux maladies.


    ÉVOLUTION DE COMPORTEMENT

    Quoiqu'il en soit, nos abeilles semblent bien démunies face à ce frelon aux techniques d'approches inattendues. Mais elles pourraient bien finir par trouver la parade... Il semblerait même que les abeilles progressent bien plus vite qu'on ne l'imaginait : certains apiculteurs témoignent, sur des essaims en bonne santé, d'abeilles attaquant et parvenant à piquer un frelon asiatique qui stationnait devant la ruche. Beaucoup pensent d'ailleurs que les frelons ne parviennent à conquérir une ruche que si celle-ci était déjà faible au départ.

    [Complément du 3 février 2017] :
    Une évolution des comportements d'A. mellifera a été observée récemment, notamment par Aurore Avarguès-Weber, doctoresse au Centre de Recherches sur la Cognition Animale de Toulouse, dont les travaux montrent les étonnantes capacités d'apprentissage de l'abeille domestique.
    Elle remarque d'abord que deux ou trois ans après l'apparition du frelon, les abeilles se sont habituées à sa présence et ne sont plus stressées. Le nombre d'attaques a continué d'augmenter avec la propagation de V. velutina, mais les abeilles travaillent à nouveau normalement et survivent bien mieux à l'hiver.
    Par la suite, la chercheuse observe une première tentative de contre-attaque étonnante (bien que peu efficace) de la part des abeilles : elles se montent les unes sur les autres sur la planche d'envol pour former un monticule et se laissent tomber en masse sur le frelon. Très rarement, celui-ci tombe avec elles et préfère alors aller voir ailleurs ; la plupart du temps, il esquive simplement.
    Mais dans la région de Bordeaux, où le frelon asiatique est présent depuis plus longtemps, un comportement nouveau commence à apparaître : une colonie par-ci par-là s'essaye au thermo-balling sur un frelon en vol stationnaire devant la ruche. Pour le moment, les abeilles ne restent en formation que quelques minutes, ce qui ne fait qu'étourdir le frelon. D'après Aurore Avarguès-Weber, il se pourrait qu'une colonie développe la bonne technique à force de tentatives ; il sera alors possible de la propager rapidement en mettant cette ruche en contact avec d'autres.


    ALORS QUE FAIRE ?

    Si la question de réguler, voire d'éradiquer V. velutina de nos contrées se fait si pressante aujourd'hui, c'est donc surtout parce qu'il s'en prend à l'abeille domestique, pollinisateur remarquable, porte-drapeau de la cause écologiste et gagne-pain des apiculteurs. Et l'on justifie volontiers cette hostilité à l'égard du frelon par le fait que sa présence en Europe est une erreur que nous avons le droit et le devoir de réparer.
    À La Graine Indocile, si nous nous refusons à classer la faune sauvage en espèces « nuisibles » et « utiles », il en va de même pour le cloisonnement « gentils indigènes » et « vilains exotiques ». En effet, dans une nature en perpétuel mouvement, tout écosystème est voué à évoluer sans cesse, entre autres en intégrant de nouvelles espèces. Parfois, un milieu s'adapte à la nouveauté en un rien de temps ; parfois cela prend des milliers d'années et, à notre échelle, nous percevons la chose comme dramatique. Tout compréhensible que cela puisse être, il nous paraît clair que la lutte acharnée menée par l'être humain contre les espèces qu'il considère comme « pas à leur place » est généralement vaine, terriblement énergivore et aboutit presque toujours à empirer la situation. C'est pourquoi, puisqu'ils sont là, nous ne sommes pas plus hostiles aux frelons, capricornes et autres coccinelles asiatiques qu'à leurs cousins européens.

    Ceci dit, parce qu'il existe des éleveurs à petite échelle qui cherchent à produire du miel de qualité tout en se souciant du bien-être de leurs abeilles, quelques solutions sont envisageables pour protéger ses ruches sans pour autant bouleverser ou détruire l'écosystème en place, en attendant que la nature, comme elle sait si bien le faire, n'absorbe cette nouvelle donnée dans sa recherche constante d'équilibre.

    Favoriser la bondrée apivore : il s'agit en fait de préserver son habitat. Présent sous nos latitudes de mai à septembre, cet oiseau discret fuit surtout les zones de grandes cultures. Il affectionne les bocages, les grands massifs forestiers et tous types de milieux alternant bois et prairies, de préférence humides.
    Pour info, la bondrée apivore consomme des guêpes, des frelons, des bourdons... mais rarement des abeilles, malgré son nom. De plus, elle ne s'attaque pas aux ruches d'élevage, à l'intérieur desquelles elle ne peut pas accéder de toute façon.

    Museler ses ruches : l'apiculteur André Lavignotte a mis au point une « muselière » pour ses ruches, une sorte de sas grillagé protégeant la planche d'envol, censé éliminer le stress de l'abeille : elle peut scruter les alentours sans danger depuis le sas, avant de décoller.
    Le dispositif ne fait pas l'unanimité : certains apiculteurs prétendent que la muselière n'est pas plus efficace qu'un simple réducteur d'entrée, et qu'avec le temps l'abeille s'habitue à la présence de frelons, n'est plus stressée sur la planche d'envol et accomplit son travail normalement.

    La muselière d'André Lavignotte
    D'autres témoignent de l'efficacité de la muselière, lorsqu'elle est bien conçue. Nous laisserons donc à nos camarades apiculteurs le soin d'étudier les différents modèles décrits sur le net, et de déterminer ce que peut être une « bonne » ou une « mauvaise » muselière.
    Quelque soit le type de protection à l'entrée, plusieurs problématiques se posent, comme par exemple permettre aux faux-bourdons (abeilles mâles), plus gros que les ouvrières, de sortir pour féconder les futures reines.

    Des poulets à la rescousse : les frelons asiatiques produisent un fort bourdonnement et pratiquent ce fameux vol stationnaire lorsqu'ils guettent l'entrée d'une ruche. Pour ces deux raisons, l'apiculteur de loisir Francis Ithurburu affirme que les poulets, très friands d'insectes pour les protéines qu'ils contiennent, parviennent à becqueter les frelons assez facilement, mais pas les abeilles. Ainsi, en installant ses ruches à l'intérieur du poulailler, les poulets se nourrissent et les abeilles sont sauves. C'est gagnant-gagnant !

    Frelon contre frelon : même s'il lui arrive de s'en prendre occasionnellement aux abeilles, voire d'attaquer une ruche particulièrement faible, le frelon européen consomme plus de fausses teignes de la cire (parasites de la ruche) que d'abeilles.
    Mais surtout, il n'est pas très partageur en terme de territoire ; alors en guise de parade contre Vespa velutina, certains apiculteurs préconisent d'installer un nid de V. crabro dans un nichoir à 7-10m des ruches, en hauteur pour minimiser les risques de piqûre. La chose est notamment pratiquée en Allemagne, où le frelon européen est une espèce protégée.

    Le pack premium : qui a tenté, pour assurer le coup, d'installer ses ruches muselées dans un poulailler, entre un massif boisé et un parterre de sarracénies, à 10m d'un nid de frelon européen ? Ça devrait le faire, non ?

    N'étant pas du métier, nous rapportons ici des résultats de recherches et des témoignages d'apiculteurs et de naturalistes, sur un sujet somme toute complexe. N'hésitez pas à partager vos observations dans les commentaires !


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    Des nuisibles ?
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    12 commentaires:

    1. et comme d'habitude, pour faire "bio" on va installer des souches d'abeilles résistantes aux pattes jaunes, mais non adaptées au biotope, provoquer un déséquilibre/paramètre supplémentaire, et consommer temps et énergie pour maintenir en vie des colonies d'abeilles non adaptées...
      alors que le plus simple et efficient, c'est quand même pas plus mal de laisser faire le boss : la "nature".

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    2. Merci pour cet apport qui enrichit la réflexion sur les FA qui ne sont vraiment pas les copains des apiculteurs.
      Un solution écologique est de déplacer les ruches (A plus de 3 Km, bien sûr) au moment de la pression maximale en fin d'été : le rayon d'action des F A autour du nid est géographiquement limité et il y a encore des endroits sans nid.
      Agnès Verdelet

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      1. J'avais lu, il y a quelques années, que les pies mangent les frelons asiatiques. Elles arrivent grâce à leur bec, à les attraper dans leur nid.

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      2. David, pour La Graine9 février 2017 à 09:22

        D'après Claire Villemant et Quentin Rome du MNHN:
        " Les oiseaux qui, comme la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), la Bondrée apivore (Pernis apivorus) ou le Guépier d'Europe (Merops apiaster) sont d’actifs prédateurs du Frelon d’Europe, sont susceptibles de s’attaquer aussi aux adultes du Frelon asiatique. Des Pics (Picus spp.) ainsi que des Pies (Pica pica) ont été vus à la fin de l’automne perforer à coups de bec l’enveloppe d’un nid pour consommer les derniers individus, larves ou adultes, de la colonie en train de mourir."

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      3. Bonjour je ne sais si tu pourras me répondre mais sais-tu quelle est le rayon de déplacement des ouvrières Vespa velutina? Merci d’avance.

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    3. Cet article est très intéressant et pour avoir assisté récemment à une conférence sur le frelon asiatique, il s'avère que les observations de terrain contredisent toutefois les chiffres annoncés par le MNHN concernant la mortalité des reines en hiver et au printemps. Voici l'exemple du Finistère où en 2013, 15 nids avaient été détruits. En considérant qu'il existe 3 nids épargnés pour 1 nid détruit et que chaque nid produit 500 reines cela fait 45 nids restants x 500 reines = 22500 reines susceptibles d'hiverner. Si 95% meurent en hiver, on se retrouve avec 1125 reines parmi lesquelles 95% meurent au printemps, cela réduit donc à 56 le nombre de reines capables de fonder une colonie en 2014. Sans piégeage et en appliquant cette règle (56x500x0.05x0.05 = 70x500x0.05x0.05 = 87), 2 ans plus tard, au maximum 87 nids devraient être édifiés. Dans ces conditions, comment expliquer que plus de 4000 nids aient été détruits dans le Finistère en 2016 contre seulement 15 en 2013, en sachant que si 4000 nids ont été détruits, ce sont potentiellement 12000 nids encore présents dans la nature qui persistent ? Quant à la concurrence entre colonies de frelons asiatiques, là encore, les observations faites localement montrent que 3 à 4 nids peuvent cohabiter au sein d'un même arbre, notamment en milieu urbain.
      Tout ça pour dire que les connaissances sur le frelon asiatique sont encore insuffisantes et que les chiffres annoncés par les scientifiques introduisent une certaine confusion qui attise la défiance des acteurs de terrain. Il conviendrait au contraire que scientifiques et apiculteurs collaborent afin de confronter leurs résultats et d'améliorer les connaissances en la matière. La recherche est fondamentale pour éviter des modes d'action susceptibles de compromettre l'équilibre écologique. Quant au piège sélectif, cela fait maintenant plus de 6 ans que des laboratoires travaillent sur le sujet sans résultat alors que certains ruchers du sud-ouest se font décimer chaque année et qu'au final, ce sont les abeilles mellifères et les apiculteurs qui payent le prix fort en plus de la dégradation de la qualité de l'environnement. Alors quand certaines rumeurs laissent entendre que Syngenta travaillerait au développement d'un appât toxique (insecticide), peut-être qu'un piégeage ciblé dans l'espace et le temps, couplé à un suivi régulier des prises afin d'être interrompu à tout moment, constitue un moindre mal pour tenter de maitriser la pression du FA sur les abeilles mellifères, tout du moins, le temps qu'un équilibre naturel se mette en place ?

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      1. David, pour La Graine9 février 2017 à 09:34

        Merci pour ce commentaire.
        Pouvez-vous nous dire de quelle conférence il s'agit (titre, intervenants...)? Et savez-vous comment ce chiffre de "1 nid détruit sur 4" a été obtenu?

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      2. Bonjour,
        Il s'agissait d'une conférence organisée par la ville de Vannes dans le Morbihan avec la participation de Gilles LANIO, Président de l'Union Nationale pour l'Apiculture Française. Il faudrait interroger les intervenants pour savoir d'où ils tirent ce ratio.
        Bonne continuation,

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    4. Les frelons asiatiques n'aiment pas l'eau pulvérisée,alors que les abeilles apprécient cette fraîcheur en été;j'ai testé,reste l'automatisme à réaliser.

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    5. L'idée est-elle de pulvériser de l'eau devant chaque ruche toute la journée, plusieurs mois par an ?

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    6. Bonjour,
      Merci pour cet article très complet et intéressant. Cependant je tiens à faire part de mon témoignage concernant l'association poules / abeilles : nous avons mis notre poulailler non loin de nos ruches dans cet objectif justement de protéger nos abeilles contre le frelon à pattes jaunes. Observant que nos poules se désintéressaient de ces frelons, nous en avons tué quelques uns et leur avons donné, aux jeunes comme aux plus vieilles poules. Mais celles-ci n'en ont eu que faire et préfèrent largement picorer... nos abeilles ! Nos poules sont des races standards : poules rousses, harco et sussex. Peut-être que l'expérience serait plus convaincante avec d'autres races de poules ? A voir... Et auquel cas je suis preneuse !

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      1. David, pour La Graine7 mars 2017 à 09:12

        Bonjour,

        Merci pour ce témoignage.
        En effet, de nombreux apiculteurs autour de nous font le même constat, mais l'expérience est toujours réalisée avec des poules. Or Francis Ithurburu insiste bien sur le fait que cela fonctionne uniquement avec les poulets en croissance, véloces et avides de protéines, et non avec les poules. Il lâche ses poulets directement dans le rucher au printemps (environ 2 ou 3 pour une ruche) pour qu'ils chopent les frelons en vol stationnaire et il les retire en fin d'année pour que la volaille ne perturbe pas l'hivernage. D'après lui, le top est d'installer ses ruches tout contre le poulailler, planche d'envol collée au grillage. Ainsi les poulets ont tout l'espace pour s'enfuir si les abeilles attaquent, et les frelons, gênés par le grillage, sont plus faciles à attraper.
        Il affirme par ailleurs que les poulets mange tous les frelons, et seulement quelques abeilles moins vives que les autres.

        Mais si, pour vous, même les poulets ne donnent rien, peut-être que la race peut en effet changer la donne... Sur internet, on trouve plusieurs articles à propos de la poule noire de Janzé, une race bretonne relativement sauvage et apparemment bonne chasseuse. À voir...

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